Ukraine

Ce premier volet traité est destiné à comprendre une tragédie historique et, par effet de bord, appréhender les dispositions mentales des gouvernants et du peuple quand ils sont engagés dans des situations extrêmes et périlleuses. Il est conseillé de lire le passé lorsqu’on envisage d’entrevoir le futur et d’observer le conflit qui avait pris naissance aux frontières de l’Europe des nations, et se concrétisait par l’offensive de la Russie contre l’Ukraine. Les grandes puissances désavouaient cette agression militaire contre un pays libre, et apportaient une aide au pays agressé par l’envoi de matériel militaire. La retenue affichée pour ne pas envoyer de soldats trouve sa raison, peut-être en souvenir encore récent de la Seconde Guerre mondiale. L’intelligence entrevoit les conséquences d’un ralliement de troupes américaines et européennes dans cette région, qui pourrait déclencher une réaction que la Chine s’allie à la Russie, et décider que la troisième guerre mondiale est lancée. L’épée de Damoclès, suspendue sur la planète Terre, brandirait une menace bien plus dangereuse et destructrice que des effets de dérèglement climatique, par la puissance nucléaire considérable dont disposent ces superpuissances. Le fait de fournir des armes au pays agressé sans participer à la bagarre frontale peut dénoncer une attitude de lâcheté, mais les craintes justifient cette frilosité que le conflit glisse vers l’apocalypse. Cette réticence latente à s’investir davantage dans ce conflit trouve sa raison dans ce choix d’intervention indirecte guidé par l’esprit, tel que celui qui avait invité la France à déclarer la guerre à l’Allemagne avec naïveté, en amorçant le début de la Seconde Guerre mondiale. Les pays démocratiques ne restent pas inertes, mais cette voie inscrite à l’envoi de matériel militaire, rythmé par une langueur excessive, cette stratégie frileuse ne poursuit-elle pas une opération à risques ? Le scénario catastrophe déroulerait une Russie conquérante qui infère la déclaration de la victoire, et qu’elle dispose d’un arsenal militaire considérable ! Car dans l’absolu, l’offre à l’Ukraine de l’arme nucléaire s’avère irréalisable, et bien que ce pays profite d’un volume d’armes conséquent, finalement, le déséquilibre de puissance militaire existera toujours, l’arme de destruction massive jouera son rôle arbitraire. En déduisant que le sort de ce conflit est figé à l’avance, la stratégie de faire durer l’affrontement par l’injection constante de matériel militaire entraîne que cet arsenal devienne suffisamment conséquent et consolidé. Une tentation diabolique exciterait l’agresseur pour qu’il s’approprie tout ce potentiel militaire, menace d’utiliser l’arme nucléaire pour geler tout désir d’intervention extérieure, procède à l’envahissement définitif du pays vaincu, et au vainqueur de remercier les généreux donateurs pour ces offrandes destructives, qui l’autoriseront à faire trembler la vieille Europe.

En retenant les prémices de la Seconde Guerre mondiale, racontées par Antoine de Saint-Exupéry dans son roman : « Pilote de guerre », ce conflit opposait la France esseulée à la puissante armée allemande, alors que les autres nations estimaient que le pays occupé n’engageait pas assez de moyens militaires, pour contenir l’avancée de l’ennemi et réduire ses forces offensives. Le constat amer, livré sur le terrain convoité, décrivait des villages qui tombaient un à un et poussaient des milliers de personnes à la fuite désorganisée, et cette débandade étayait cette argumentation soupçonneuse, et n’inférait pas à la décision d’aider les vaincus, par le peu d’empressement, la résignation trop immédiate et peut-être une certaine forme de lâcheté à ne pas lutter afin d’affaiblir le vainqueur, bien que le prix à payer se révèle élevé. Il reste entendu que cette analyse doit être retenue avec toutes les précautions d’usage qui s’appliquent à la lecture de cette période contrastée. Les conditions de l’entrée dans le conflit et l’émergence d’événements décisifs instauraient le doute dès le début de cette guerre, et déstabilisaient les esprits par un trouble compréhensif ; ces considérations modèrent la sévérité du jugement facile et injuste. La synthèse finale des orientations préliminaires permet de souligner que les autres pays souhaitaient avant d’intervenir, que la France se sacrifie par la mise en place d’une stratégie guerrière offensive, qui aurait pour objectif d’affaiblir l’occupant, et qu’ils pouvaient agir avec force et détermination. Ces pays amis manquaient de préparation pour intervenir avec efficacité, et ne disposaient pas de forces armées prêtes à se jeter dans la bataille, qui justifiait cet attentisme prudent, et dissimulait une participation active latente. Ce dernier postulat met en exergue une passivité qui incitait les belligérants à prendre du recul, et si l’on rapporte cette réflexion à la guerre qui sévit en Ukraine, on peut procéder à l’analyse pour comprendre la stratégie de fournir des armes à ce pays partiellement envahi, et imaginer ses conséquences. Le triomphe du pays agresseur n’écarte pas le risque qu’il récupère cet arsenal. Un autre scénario plus optimiste pourrait se dérouler, sous réserve que l’armée ukrainienne combatte avec courage et détermination, et qu’elle bénéficie de l’aide d’une population qui montrerait une solidarité et une ténacité, sans abandonner les villages et les villes. Que grâce aux armes livrées, l’utilisation de celles-ci par des soldats compétents et formés à leurs emplois provoque des pertes importantes humaines et matérielles à l’occupant, l’évolution positive de cette situation favoriserait une intervention extérieure grâce à un rapport de forces devenu avantageux. Quant à la menace de l’utilisation de l’arme nucléaire, ce serait lancer un boomerang dont le retour raserait le pays à l’initiative de cet acte inconsidéré, et témoignerait d’une faiblesse réelle sur le terrain des conflits. Cette frayeur trouve une occasion d’un joyeux caquet bas, et sert juste à humidifier les chaises qui supportent quelques journalistes ou chroniqueurs ou spécialistes des plateaux télévisés consensuels. Ces déclencheurs d’alertes de mauvaise conscience se montrent avides de se faire peur, mais surtout ils exultent quand ils transmettent celle-ci à leurs auditeurs qui souffrent toujours du manque de sensations. Ces bonimenteurs passionnés et férus de cette alchimie appliquée à la hâte et chroniquement développent l’extravagance des sentiments communs et se réjouissent de la perversité à décrire un monde complexe et violemment affectif.

Cette Europe assume peut-être une responsabilité partielle de ce conflit, elle agrandissait son territoire sans aucune action d’envergure militaire, elle ne possédait pas d’armée qui mutualiserait toutes les forces des nations qui la composent. Cet élargissement de ses frontières aurait pu susciter quelques inquiétudes de la Russie, en regard de l’incertitude de cette avancée continentale et de la limite potentielle envisageable, et de considérer qu’un empire prévisible se déclare à ses portes, pouvait représenter un danger, qui révélerait des conséquences d’envahissement possible. La conquête d’un état voisin s’inscrivait dans la volonté de sécuriser ses frontières. On ne peut ignorer que de reculer sans cesse la limite de ses frontières, le vieux continent a offert une porosité, que des clandestins et des extrémistes venus de nulle part ont su exploiter et savourer ces intrusions affables.

Europe infiltrée


« Europe, elle agrégeait de nouvelles nations, savourait une conquête fructueuse
Ceinturée par des frontières élargies, mais poreuses
Les envoyés d’Allah, ravis de découvrir de telles failles
Ne se privèrent pas de s’infiltrer entre ces mailles
Traversèrent les territoires en touristes, adeptes de discrétions
Maîtres dans la prudence, ils n’éveillent pas de suspicions
Ces dévots devenus acteurs se précipitèrent vers la salle de spectacle du Bataclan
Afin d’y jouer une tragédie dénommée “Bain de sang”
Les spectateurs assourdis par tant de bruit
Obligés de fuir dans la confusion, condamnés à l’oubli de leur vie
Point de répit accordé à ces damnés
Ces forcenés, convertis par les puissances maléfiques, à agir sans pitié
Tant de crédulité de se distraire de chahuter le dictateur
Libérant ses démons qui prenaient leurs envols pour semer la terreur
Plonger un peuple à se recroqueviller dans l’abîme de la peur
Ne pouvait-il éviter cette tragédie en se consacrant à son devoir
Et d’avancer dans la voie de l’espoir
S’astreindre aux regroupements continus, pour enterrer les corps aux chairs lacérées
Jouant sur l’union des chagrins communs, aspirer à conjurer la fatalité
Abusant de l’illusion sur des consciences désespérées »

Le survol historique des causes génératrices de cette guerre qui se déroule à l’est du vieux continent, en confrontant le passé et le présent, il se pose la question si le conflit syrien n’a pas joué un rôle de facilitateur pour instaurer ce conflit. Des hommes politiques qui bénéficiaient de notoriété ont gouverné la République française ; les affaires agitent le monde politique, qui induisent que le peuple se désintéresse de leurs représentants institutionnalisés, et favorisent l’émergence de personnes qui accèdent à la plus haute fonction de l’État français, et qui apparaissent comme impuissante ou incompétente, dans un contexte international tendu lié au processus de mondialisation. Le costume à revêtir peut sembler un peu trop largement dimensionné. Le citoyen le plus élevé dans la représentation hiérarchique du pays s’alarma, que le despote d’un pays du Moyen-Orient utilisa du gaz pour refréner l’ardeur contestataire trop dynamique de son peuple. Mais l’espoir d’une concertation à décider d’une action internationale commune parut bien utopique, et, à l’évidence, la première puissance mondiale, instituée par les États-Unis, ne souhaitait plus jouer le rôle de gendarme du monde ; sa retenue pour participer au financement d’une organisation politico-militaire de sécurité collective témoignait de son désintéressement. Par contre, la Russie joua un rôle actif en soutenant le dirigeant syrien, elle apportait une aide militaire efficace, qui repoussait l’ironie mesquine et maladroite de l’intérêt économique de cet allié opportuniste, à estimer qu’il était le fournisseur d’énergie de cet état despotique. Cette opportunité a permis à la Russie d’expérimenter et de tester son matériel militaire, de considérer que la possibilité qu’il se concrétise l’existence potentielle d’une alliance des grandes puissances démocratiques devenait faible, prouvée par le retrait des États-Unis en refusant de s’engager dans des conflits extérieurs. De conclure que l’invasion d’un pays libre ne savait connaître une réprobation matérialisée par une réponse forte et déterminée, assurait une marge de manœuvre relativement confortable à la conquête de nouveaux territoires.

La Seconde Guerre mondiale constitue une source d’inspiration inépuisable, quand l’esprit s’égarait à guider les gouvernants français à déclarer la guerre à l’Allemagne, alors que leurs consciences devaient s’éveiller pour les prévenir qu’ils sacrifiaient une armée et un peuple. Cette irresponsabilité historique rapportée au conflit actuel, qui déstabilise le monde, dévoile que l’esprit de l’ouest pour se donner bonne conscience expédie des armes vers l’Ukraine, et n’est-ce pas envoyer ses soldats au sacrifice ? La communication se révèle hasardeuse pour expliquer à ses concitoyens que ces contribuables payent des impôts pour financer la fabrication d’armes destinées à l’export, alors que le pays dispose d’une maigre quantité de chars pour assurer la défense de son territoire. L’ironie du sort exclut toute dénégation, personne ne peut prévoir dans quelle direction peut glisser ce conflit, qu’un jour ces mêmes armes sorties d’entreprises industrielles locales soient pointées vers le pays qui les a généreusement fabriquées, et ressortir le terme historique de « Drôle de guerre ». On peut qualifier ces hypothèses de naïveté et d’utopie, comme en 1939, quand un ambassadeur français argumentait son discours frivole, en énonçant que les chamailleries entre les nations françaises et allemandes, qui animaient l’actualité de l’époque, que dans six mois : « on en entendrait plus parler  ! ». L’immense personnalité que représentait Churchill a dit qu’un pays qui oublie son histoire est condamné à la revivre. On doit se préparer quand la crainte de la guerre se manifeste, ce n’est pas quand l’ennemi sonne à vos frontières qu’on commence devant l’envahisseur à préparer et à entraîner ses troupes au combat, il est déjà trop tard. Le temps désespéré coiffant d’utopie l’idée de rebâtir une armée dans la hâte, il resterait à envisager d’utiliser les vieilles méthodes guerrières en mobilisant le peuple, et lui promettre un destin de sacrifice consommé dans la douleur. Si une corrélation positive n’existe pas entre l’état d’un peuple et la gouvernance structurelle démontrée par le prince, alors ce peuple peut ne pas répondre aux appels de dévouement. Il se lasserait d’être ignoré, et écouter une communication abusive, qui n’est pas de nature mensongère, mais sa sémantique structurale apaise les esprits en ne divulguant pas toute la vérité. Il se lasserait d’être confronté avec une immigration conditionnée sous couvert d’humanité alors que leurs enfants ne peuvent accéder à un marché locatif trop onéreux, qui engendre une injustice qui fragilise la fibre identitaire. Il se lasserait de vivre dans des lotissements retirés et souffrir quotidiennement de l’exigence de la mobilité. Il se lasserait qu’un engin motorisé devienne indispensable et que leurs vieux véhicules à moteur diesel ne puissent plus accéder aux centres-villes et qu’ils n’aient pas les moyens de s’offrir des voitures qui produisent des émissions plus respectueuses de la planète Terre. Il se lasserait de la complexité d’une administration soucieuse d’inventer de nouvelles normes à respecter, et lâcherait sur le terrain leurs contrôleurs métamorphosés en véritables chiens républicains aptes à mordre et à verbaliser les récalcitrants insoumis. L’avantage que procure la création d’emplois de fonctionnaires, sélectionnés selon des aptitudes à promouvoir l’idéologie technocratique sans vergogne, se trouverait sérieusement contrarié, car les contraintes imposées à se soumettre à un diktat normatif restreindraient l’envie de devenir entrepreneur. Ce peuple se lasserait de tout ça, ce peuple rétorquerait face à l’invitation d’aller se battre pour rencontrer la mort : « mais pourquoi, qu’avons-nous à y gagner ? ». Opprimer son peuple en temps de paix n’a guère d’incidence fâcheuse, mais le temps du désordre vient, et le boomerang sur le chemin du retour fait son effet, car les hommes se sentent plus aptes à négliger leurs devoirs, et s’adonnent à une constance historique, pour être disposés à s’organiser dans la fuite. Il resterait à faire appel aux anciens réservistes cloîtrés dans des asiles habilités à accompagner vers leurs dernières demeures avec plus ou moins de douceurs ces personnes âgées en situation de dépendance et manque d’autonomie, qui sont devenus inutiles et consommateurs excessifs de soins de santé. Leur accordant le bénéfice que leurs corps amaigris, flottant dans des tenues de couleur kaki devenues trop grandes, de partir avec les honneurs que connaissent les soldats, quand l’honneur oblige à se soumettre à son devoir et que la mort se dévisage avec cruauté et respect. Cette fin de vie apparaît plus digne que celle consentie et élaborée par un virus, quand le corps se voit intubé de toutes parts, et tripatouillé de tous les côtés. Cette séance désespérée de réanimation s’assujettit à une campagne de communication, qui décrit avec soin et détail une allégorie catastrophique, pour que l’émotion se diffuse dans les esprits sensibles. Cette chirurgie de l’impossible aboutit à effectuer le dernier trajet, pour rejoindre les éléments dont ils sont issus, dans la pénibilité. Cette souffrance se substitue à une fin plus rapide, assimilée à une disparition relativement confortable, si l’on avait laissé le virus finir son entreprise d’asphyxie générale. Le plan comptable se réjouit de se dédouaner du paiement de retraites, pour des personnes estimées par leurs contemporains peu utiles. En économisant sur un poste de dépense budgétaire aussi considérable, le gouvernement ne s’embourberait plus dans des projets destinés à allonger les départs à la retraite, et implique un héritage précoce, que leurs enfants et leurs petits-enfants ne sauraient refuser et apprécier à leurs justes valeurs, en évitant à ces anciennes gloires une précarité allongée par des fins de carrière retardées et devenues plus périlleuses. Il resterait que greffer des mitraillettes sur des millions de déambulateurs ne pourrait rivaliser contre des tanks conçus pour distiller la performance lors des combats âpres.

L’histoire se reproduit, telle que cette construction de la ligne Maginot métamorphosée en rempart chimérique de défense, vouée à édifier une muraille de l’utopie. La France s’enorgueillit de posséder de beaux sous marins nucléaires performants et redoutables, comparés à la représentation de cet artifice historique promu à la défense contre l’ennemi et sans efficacité, quand le danger se situerait davantage sur terre et viendrait de l’est de l’Europe. Avant que ne soit terminée la construction du canal qui relirait l’océan Atlantique au lac Léman, pour transbahuter nos poudrières flottantes afin de contrer l’avancée de soldats coiffés de toques fourrées, l’ennemi serait certainement en train de déguster un verre de vodka au restaurant parisien Raspoutine, pour savourer la victoire d’une drôle de guerre acquise en peu de temps. L’Allemagne, est-elle condamnée à redéployer une puissance militaire notable, pour contrer un pays avide de conquêtes, qui développe une armée de trop grande envergure pour considérer que la paix devient une notion bien relative ? Cette frayeur renouvelée trouverait ses racines, quand quarante millions de paysans étaient opposés à quatre-vingts millions d’ouvriers, et la copie restaurée établirait que soixante-huit millions d’une nation désindustrialisée subiraient le joug de la menace suggérée par quatre-vingt-trois millions d’une nation industrialisée.