Raketis

Le prince a décidé que la vocation du changement sacrera le : « tout électrique » comme enjeu national. Comment contester cette orientation brutale devant la réalité quotidienne des nuisances des moteurs thermiques, qui crachaient leurs fumées toxiques aux conséquences mortifères pour la population ? La planète devenue irrespirable suffoque sous la gestation de cette couche nuageuse opaque, qui réfléchissait les ondes émises par le soleil, et incapables de percer cet épais brouillard, qui condamnera les Terriens à vivre dans la pénombre, quand la malédiction se révélera à la grande nuit. L’effet de serre généré par ce manteau enveloppe ces substances polluantes, qui réchauffent la planète, multiplient les effets secondaires, et alarment les âmes paisibles à devenir des lanceurs d’alertes. Les arguments ne manquaient pas et commandaient l’urgence de planter de grands arbres, éparpillés dans la nature selon un schéma organisé pour répondre à l’objectif d’indépendance énergétique. Ces structures métalliques gigantesques immobilisées dans le sol agricole et animées par le mouvement de trois branches démunies de feuilles caressent le ciel et obligent les oiseaux à fuir, surpris et peu habitués à cette végétation électromécanique. Cette intrusion hostile bouleversait un paysage déjà bouleversé par ses immenses terres céréalières, qui avait couché tous les buissons qui freinaient leurs expansions. L’objectif vise à produire de l’énergie électrique grâce à l’agitation de leurs hélices par le vent, cette technologie demeure sujette à quelques mécontentements, à la suite des nuisances sonores et à une accoutumance visuelle de ces champs éoliens qui n’exhibent pas une carapace métallique naturelle, et confirment que toute évolution technique s’accompagne de réprobations individuelles et collectives. Le projet de la voiture électrique est présenté sous un angle favorable, la maîtrise de la communication y apportait son savoir-faire, à convaincre les esprits disposés à se laisser convaincre, par la conséquence positive de la réindustrialisation locale qui dopait le marché du travail. Le développement de cette technologie, qualifiée de « propre », encourage la création de nouveaux emplois, pour répondre à la demande de la fabrication locale des véhicules destinés à évoluer dans un monde moderne et propre. La performance technique est modérée, car la fabrication de moteurs électromécaniques relève d’une complexité industrielle moindre que celle des moteurs thermiques. C’est tout l’art de la communication, de ne pas se risquer à énoncer des mensonges, mais de se rassurer, et de ne pas dire toute la vérité. Ces véhicules fonctionnent et répondent favorablement à certaines conditions, dont l’équipement indispensable de batteries qui permettent de stocker l’énergie électrique, et de la restituer sous forme de courant continu. Afin de montrer la communication et ses limites, on peut prendre l’exemple de la suppression de la taxe de la redevance télévisuelle. La gouvernance supérieure adressa à chaque contribuable cette bonne nouvelle, sous réserve que ceux-ci y fussent soumis en cochant la case appropriée lors de la déclaration de leurs revenus, afin d’annuler une recette pour le trésor public. Mais les moyens attribués pour financer les chaînes de télévision de service public et la solution financière utilisée pour combler la perte de cette taxe manquent d’explications. Couvrant peut-être le dessein que ces chaînes héritent de ressources accumulées par la diffusion de spots publicitaires, leur procurant un futur à jouir d’une autonomie financière et convertir ces services publics à un statut d’entreprise privée. Ces batteries au lithium restent performantes dans la capacité à stocker plus d’énergie que les autres technologies de batteries, et elles permettent un nombre important de cycles de charges et de décharges, tout en supportant des décharges totales. C’est un petit nuage gris qui se dessinait dans l’azur de ce ciel étincelant, que tout citoyen propre espérait contempler avec bonheur et se réjouir de ce voile bleu éblouissant de transparence et de clarté. Compromettant une espérance d’indépendance technique, c’est la pérennité à disposer de la ressource minière pour fabriquer ce type d’accumulateur d’énergie qui suscitait une interrogation. Le sentiment humain se contentait d’émettre des désapprobations sur les conditions de travail pénible, que subissait le personnel, composé de très jeunes personnes affectées à ces tâches d’extraction, réalisées au détriment de leur santé humaine et de l’environnement. Une information est communiquée à l’ensemble des citoyens, afin de les sensibiliser à la maîtrise de la consommation électrique. Les raisons demeurent inconnues pour justifier cette restriction, peut-être une centrale nucléaire en panne ou bien la vocation à privilégier les moyens de locomotion équipés de batteries, qui induisait des phases de recharge très voraces en matière de consommation électrique, c’était se prémunir vis-à-vis d’un besoin d’énergie électrique qui enregistrait une croissance forte. Ou bien, le système libéral apportait-il sa tyrannie de miséricorde régulièrement, un jour, c’est l’hôpital qui ne fonctionne plus et ses services d’urgence qui ne traitent plus les patients dans l’urgence, un autre jour, c’est le manque de médecins ? Etc. Laissant perplexe sur les qualités de gouvernance, car si les annonces de problèmes de société se multiplient par des communications inspirées de fatuité, la feuille listant les solutions pour résoudre ceux-là, reste vierge. Les incitations encouragent chaque citoyen à se conformer à ces contraintes de régulation, pour montrer que l’état n’est pas un plaisantin, et qu’il s’empresse de prouver sa détermination, et que chacun se plie au respect de ses directives. La méthode reste efficace, après les annonces à connotations menaçantes, c’est la pratique qui s’exerce à délester certaines régions de la distribution électrique, certains foyers se retrouvent privés d’électricité. Un petit grain de sable se glisse dans l’engrenage de la machine électrique, car pour tout esprit moyennement éclairé, l’expression s’accordant parfaitement au sujet traité, celui-ci imaginera d’être obligé d’acquérir un véhicule électrique, seul ce type de voiture se destine à la vente. Une inquiétude peut naître quant à satisfaire la charge de la batterie, si sa région tombe sous la coupe d’un délestage de distribution électrique, et impose une consommation électrique régulée et réduite pour chaque foyer soumis au respect de cette recommandation.

Voiture électrique

La bascule énergétique est accomplie, chaque foyer a sa bagnole électrique, et ce nouveau mode de déplacement propre mettra fin à ces volutes de fumées toxiques crachées par des pots d’échappement devenus indigestes. Ce type de locomotion se révèle gourmand d’énergie électrique afin de recharger ces volumineuses et lourdes batteries, et nécessite un contrôle général de la consommation électrique. Un système de régulation s’approprie la décision de délestage de la distribution électrique, dans les secteurs géographiques incriminés à des dérives intolérables, impactant le fonctionnement global de la société. Les généralités présentées précèdent l’instant pour électriser les esprits par la fiction en narrant une histoire peu banale, mais sous couvert d’hypothétique réalité.

Maladie d'Alzheimer

« C’est une grand-mère touchée par la maladie d’Alzheimer, elle préparait son chocolat chaud quotidien, elle déposait la casserole de lait sur la plaque chauffante, elle réglait le thermostat à la température maximum, et la substance liquide vite agitée par la chaleur envahissante dégageait une fumée légère qui devenait de plus en plus épaisse et opaque. Comble de malheur, la malheureuse endurait des pertes de mémoire chroniques, et elle avait oublié le mode d’emploi pour arrêter le fonctionnement de la plaque chauffante. Elle se saisit de son téléphone et elle appuya sur ce gros bouton rouge, pour communiquer avec sa fille, dont les premiers éternuements renseignent celle-ci sur la gravité et l’urgence de la situation, l’émotion précédant la panique, imposait d’agir au plus vite. L’urgentiste en herbe attrape le câble de recharge de la batterie afin de planter avec énergie la prise dans celle affectée à la recharge rapide de son véhicule. Mais voilà que le secteur géographique est soumis à une restriction de consommation électrique, prescrite à cent trente watt par heure, cette contrainte informative montre une complète corrélation avec des afficheurs signalétiques installés aux carrefours, qui indiquaient la limitation de consommation électrique. Le nouveau compteur électrique « Raketis » ou « Pompe à fric », le choix de la désignation est corrélé à la classe sociale du « Racketté », programmé pour entretenir le respect de la législation, émet un signal sonore assourdissant et affiche un message de couleur rouge clignotant : « excès de consommation électrique, on vous a dressé un procès-verbal d’un montant de quarante-cinq euros si vous payez tout de suite ». La fille devient consciente que sa mère lutte pour sa vie, et elle introduit avec promptitude sa carte bancaire dans le lecteur intégré à l’appareil multifonction. Celui-ci rejette aussitôt le moyen de paiement en affichant : « carte bancaire à débit immédiat indispensable. » Les factures de consommation électriques élevées justifiaient ce choix de type de carte bancaire à débit différé, afin de lisser dans le temps les dépenses liées au fonctionnement du foyer.

Femme en vélo

La mère enfourcha son vélo à assistance électrique, et les batteries déchargées la contraignirent de rouler à faible vitesse, en produisant un maximum d’efforts pour faire avancer ce lourd vélo devenu sans assistance, pour se rendre à la banque.

File des rakétés

Une file spécialement dédiée aux victimes des restrictions de consommation électrique, désignée par l’inscription : « les racketés » avait pris place et après avoir patienté longuement, la mère avait obtenu le type de carte bancaire que le « compteur‑caissier » républicain exigeait. Revenu à son domicile, en sueur par les efforts fournis pour faire avancer ce bicycle devenu un vélo normal, mais alourdi par le poids des batteries, elle inséra le nouveau moyen de paiement dans le lecteur adapté. Le délai pour payer l’amende d’un montant minimal étant dépassé, maintenant, la somme à régler s’élevait à cent trente euros.

Brigade

D’autre part, « Raketis » impatient et inquiet quant au respect des règlements à se soumettre, au regard des incivilités commises, avait prévenu le service républicain tant redouté : « BRECE » (Brigade de Répression contre les Excès de Consommation Électrique). Ces spécialistes de la recommandation civique se présentèrent au domicile, en réclamant des explications à ce manquement au respect des lois, en invectivant la menace d’une sanction pénale, justifiée par des comportements irresponsables, considérés à commettre un crime contre la planète.

Maison en feu

La mère tranquillisa les fonctionnaires intransigeants, que l’amende était payée ; elle saisit le téléphone et des sons aigus résonnaient des sirènes des véhicules de pompiers et d’assistance médicale dans l’écouteur, comprenait tristement que sa mère ne luttait plus pour sa vie.

La crainte s’empare de toutes les gouvernances des pays développés, par l’inquiétude soutenue relative à la production de batteries lithium-ion qui se révélait gigantesque, les demandes en matière de cobalt ne cessant d’augmenter. En effet, ce métal s’avère indispensable à la fabrication de ces accumulateurs. Les principales mines de cobalt se trouvent en Afrique, notamment en République démocratique du Congo, mais un animal sévit dans ces sources minérales, en effet, un ours, ceinturé à son coup par un collier, exhibait un énorme bouton rouge, qui suscitait la frayeur devant cet artifice matériel irréel. La bête avait déjà massacré un grand nombre de travailleurs, la peur envahissait tout extracteur de cobalt, terrifié pour pénétrer dans ces mines, et cédait à la crainte de ne pouvoir en ressortir vivant. Cette appréhension généralisée des extracteurs miniers réduisait la production minière à une offre stérile. »