
Pour justifier la confrontation d’un thème aussi polémique à la dialectique classique et rigoureuse, on se référera à l’écrivain Boris Vian et son livre « J’irai cracher sur vos tombes », qui énonçait : « dans la conjoncture, telle que celle de l’heure actuelle, parler, tôt ou tard, politique devient inévitable ! ». Aborder le sujet politique ne se borne pas à fixer l’objectif d’une étude spéculative, mais simplement décrire le regard porté à cette doctrine sans cesse réactualisée, ce qu’on pense après quarante années de vie dans cette société. On a considéré que l’homme dans la société évoluait grâce à un changement de conditions, examinons l’individu, ses prises de position, ses réflexions, et les opinions émises par un esprit devenu plus éclairé. La naïveté, l’innocence, la confiance aveugle, l’insouciance d’une approche relationnelle crédule caractérisaient le début d'un parcours, et ne manifestaient aucune méfiance afin d’élever des barrières de protection individuelle ; les expériences formeront l'esprit à comparer, juger et décider. Les études apporteront la raison à la conscience et empêcheront de succomber aux recours des préjugés, la connaissance permettra d’échapper aux fatalités de son tempérament et évitera de formuler une critique négative, latente, puérile, irrationnelle, qui manque de fondement. C’est dans cet esprit que nous parlerons de ce domaine relatif à l’exercice du pouvoir, et que les jeunes années marquées par la rébellion supputent que ces idées peuvent subir l’usure du temps. Les transitions de conditions généreront des évolutions sociales, culturelles et intellectuelles, l’âme métamorphosée à revêtir des appréciations différentes et à émettre des opinions éloignées du passé. Le besoin d’écrire ne se résout pas à contenter le public, mais se justifie simplement par l’envie de décrire des situations avec un regard critique ; la frontière délimite un espace mince entre l’objectivité et la subjectivité. L’alternance de phases entre l’émission de bienfaits positifs de la vie et la production du caquet permet d’exprimer que le monde a l’air si beau, mais l’auteur puéril élude l’entendement et peut souffrir que son inspiration puise dans une source tarie à court terme. Au contraire, l’attention à observer le penchant humain naturellement prédisposé à vociférer des critiques contradictoires, et constater qu’il est peu porté à glorifier l’espèce humaine, là l’inspiration de l’écrivain puise dans une nappe étendue, et semble infinie. L’analyse se conforme à cette digression amicale, ponctuée de lucidité amère et exclut l’euphorie naïve, sans que la méchanceté ou la volonté de blesser les individus l’anime, qui ont le droit d’émettre des suspicions sur les propos avancés, conscients qu’ils fournissent le sujet en cours d’expertise. Les gueux sont bannis des plateaux télévisés et d’autres médias réservés à des élites intellectuelles de stricte obédience. Ces plateaux à la mode de la servitude où accourent les bouffons du journalisme à l'avenir incertain. Ces intellectuels enfermés dans le royaume de l'esprit, où l'on se contente d'idées toutes faites, qui parlent du monde avec des mots abstraits. Ces bannis de l’audiovisuel sont rangés de manière uniforme au bas de l’échelle sociale, et ils ne peuvent s’exhorter à énoncer leurs idées et le récit de leurs vécus. Le roman donne l’occasion agréable d’exposer une parole peu conventionnelle, et de contourner cet écueil du silence injuste, quand on ne vous entend pas et que l’on vous écoute encore moins. L’acteur doit s’exprimer dans un langage imprégné du caractère du rôle à jouer, les opinions livrées au lecteur traduisent la pensée du narrateur et non celle de l’auteur, bien que l’essence du livre puisse y suggérer une ambiguïté.
L’après-guerre a éprouvé le besoin de reconstruire le pays dévasté, la nécessité de rebâtir des structures anéanties, industrielles ou sociales, des hommes aidèrent à ce que la nation se relève de ses ruines, ils dressèrent le courage face à l’anéantissement, ils demeuraient conscients de leurs responsabilités en se dévouant pour assumer les plus hautes fonctions étatiques, et concevoir un plan qui permettait le redressement de l’économie. Le mérite de leurs actes sélectionnait ces êtres humains, ils se consacraient entièrement à leurs tâches et ils servaient l’état avec honneur et courage.

Les partis politiques émergèrent, durant une période favorable à tous, et ces organisations collectives fédéraient des visions structurelles sociétales identiques. Elles convergèrent pour garantir l’établissement d’une stabilité sociale durable, par le devoir démocratique qui exigeait de représenter les opinions des citoyens, consolidant une diversité d’intérêts et d’orientations idéologiques. La suite dessinait un brouillard qui tissait une nappe opaque et empêcha une vue claire du fonctionnement de ces institutions politiques, la corruption régnait au sein d’une société matérielle, le monde financier imposait sa force sans y apporter de vertu, qui ébranla ces instances réputées libres de paroles. Cette confiance troublée générait une confusion de nature démocratique lors des élections présidentielles, dans la mesure où le choix de vote d’un candidat ne pouvait se prononcer que sur ceux encensés par ces organisations à les incarner. Assimilés à des appareils qui affichaient leurs ambitions, certains se livraient une chaude lutte pour conquérir le pouvoir qui devenait de plus en plus âpre, proclamant, à travers des oppositions classiques classées entre gauche et droite, des paroles peu suivies de concrétisations, des théories démontrées avec conviction, mais nullement appliquées à des situations concrètes. Ces représentants de fantômes exposaient des débats ternes, suivis avec lassitude, et ils jouaient au jeu de l’alternance tel un rituel sarcastique pour se partager le sommet de l’état lors des élections présidentielles nationales. S’installait l’habitude de ne pas convaincre les auditeurs, et ces brillants causeurs se trouvaient empêtrés dans des gouvernances internes de gestion opaque polluées par des conflits récurrents, qui conduisirent ces formations politiques à s’éloigner des problèmes réels des citoyens. L’idée nationaliste commençait à tracer son chemin en employant des méthodes usitées à d’autres tristes époques et baser sur des discours séducteurs adressés à des électeurs faibles d’esprit et désorientés, qui ne demandaient qu’à être séduits. Mais point de branle-bas de combat à s’émouvoir que le bateau puisse commencer à gîter, une clairvoyance absurde réconfortait ces âmes en peine d’idées, tellement que la victoire était assurée contre un candidat ou une candidate nationaliste au deuxième tour des élections présidentielles, dont le discours arrogant et provocateur décrétait encore quelques frissons chez les électeurs à la conscience éclairée. Affaiblis par des affaires en tout genre, à faire pâlir les citoyens que ces partis auraient pu présenter des candidats honnêtes, dont les vertus absentes auraient contribué à salir une investiture symbolique. Devant une dégénérescence de ces organisations incapables de se renouveler, un homme surgit caractérisé par le fait de ne pas appartenir à un parti politique classique. Il se prévalait de l’activité d’une mission de la plus haute importance en ayant assumé des fonctions ministérielles, et de l’inscription sur son curriculum vitae d’une dernière expérience professionnelle, exercée au sein d’une banque d’affaires prestigieuse par ses résultats financiers enviés. Cet homme semblait plus agile dans la maîtrise de l’art de la communication que dans l’aptitude pour la prise de décision, et saisissait l’opportunité inestimable consentie par la chute d’un autre candidat promis à un succès certain, mais embarrassé par des affaires d’intérêt personnel, il remporta la mise en précipitant les partis dits : « traditionnels » dans une descente aux enfers. L’habileté consommée dans le monde des affaires, les candidats à l’élection présidentielle s’obligeaient à déclarer leurs patrimoines, cette figure montante de la politique s’enorgueillira de ne pas payer l’impôt sur la fortune, et elle se placera en dernière position de cette grille financière ordonnée et nominative. Par contre, le candidat qui occupait la première place dans cette liste déclarative arrivera en dernière position aux résultats des élections. Des enquêtes discrètes lèveront le voile sur les montages financiers pour le moins opaques qui permettent aux bénéficiaires d’optimiser leurs revenus, mais les enquêteurs se voyaient sommés de clore leurs investigations, sous peine que leurs auteurs souffrent d’un embastillement, après que des décisions adoptées au sommet de l’état stipulent une prise de corps avec effet immédiat. Ces investigations révéleront des suppositions sur le placement habile des sommes gagnées par ces hommes spécialisés dans les conseils et la gestion des affaires, qui octroyait des rentabilités et des investissements à rendement élevé. Grâce à un ingénieux système mis en place et sécurisé par des négociations avec les plus hautes autorités, ces fortes rétributions financières supposaient un placement dans des officines hébergées dans des contrées accueillantes. L’heureux bénéficiaire s’obligera, quand il estimera le moment devenu propice pour récupérer ces importants émoluments, de faire un geste en s’installant dans des toilettes au décor ostentatoire et de tirer sur la chiasse aux poignées dorées pour que les billets tombassent. Une rivalité quinquennale exprimée lors des élections présidentielles affiche des résultats de plus en plus serrés, l’écart faible entre le candidat élu de tempérament démocratique et celui de son opposant aux idées nationalistes, souligne un suffrage universel restreint quant au véritable choix autorisé pour des esprits nobles. La société glisse inéluctablement vers un niveau démocratique relativement affaibli par la tentation récurrente de certains électeurs de plus en plus nombreux à savourer des élans absolutistes. La conquête du pouvoir par des personnes favorables à l’établissement d’un système capitaliste à orientation libérale affirmée met en exergue le danger de privilégier les intérêts de certaines personnes ou des amis, en vendant les biens publics à des entités privées. L’observation détermine l’évidence que par le passé, les hommes chargés des responsabilités au plus haut niveau servaient l’état, et que la période actuelle favorise l’émergence des adeptes du néolibéralisme qui n’ont aucun scrupule à se servir de l’état afin d’enrichir leurs patrimoines personnels ou ceux de relations intéressées.