Conseil d'administration

La ferveur se propagea telle une larve qui dégoulinait de son cratère et inondait ces âmes issues du peuple, quand un socialiste émérite hissa la rose au sommet de l’état. Le secteur populaire du quartier de la Butte-aux-Cailles (13ᵉ arrondissement de la capitale) orienté politiquement «  à gauche  » se réjouissait, les premières mesures accordaient aux défavorisés de bénéficier de quelques aubaines et avantages matériels. Cette offrande, la population en disposait, car le créateur des associations de Léo Lagrange qui assumait la fonction de Premier ministre durant deux ans, avant que l’utopie ne décline, dont la mémoire ne s’effritait pas avec le temps, avait attesté d’une générosité spontanée. En effet, afin de développer la culture, les bars associatifs pouvaient obtenir des crédits destinés à financer des spectacles, permettre à des artistes de se produire sur des scènes restreintes, et promouvoir l’éclosion de jeunes talents. C’est avec bonheur que Tom et ses amis ont écouté des chanteurs aux qualités vocales variées et aux textes épars, et ces braves saltimbanques glorifiaient la liberté d’expression et le bien-être du citoyen.

Victoire rose

L’exercice du pouvoir et la jouissance excessive des privilèges ont transformé la gauche, et elle sera victime de l’évaporation de son idéologie. Elle glissera vers un parti politique qui perdra son âme originelle, et elle chutera vers un rassemblement banal désigné sous le terme pamphlétaire de  : «  la gauche caviar  ». Les partis de droite prononcent des discours exclusifs, et laissent transpirer des arrogances, afin de conquérir les esprits en les asservissant à leurs projets. L’écoute de ces rhétoriques sommaires peut rendre insensible aux arguments avancés et aux idées véhiculées, par la lecture des objectifs illisible et l’examen des idées obscures. L’idéologie de droite exploite son penchant naturel pour fréquenter les extrêmes, pour survivre politiquement et exister en glissant vers des terres fangeuses où sévissent des prédateurs de toute nature. Cette dérive latente peut laisser perplexe et dubitatif pour pouvoir concevoir un projet qui réunifiera les citoyens. Leurs regards dociles et conciliants vers les couches supérieures, glisse le citoyen vers l’indifférence, et cette singularité ne donne pas envie de consacrer du temps et de l’énergie à un discours qui ne le mérite pas. L’idéologie de gauche aspire à cette tranquillité de l’âme appelée l’ataraxie, et sa réflexion discursive, ses orateurs diserts et son côté humain l’enveloppent dans un voile de naïveté, d’insouciance, de puérilité, et invitent au pamphlet acerbe en réagissant à des événements burlesques. Sa propension à privilégier le matérialisme instruit de ses écarts idéologiques sans futur, tout simplement parce qu’elle nous émeut en proclamant l’illusion et l’espoir d’une société plus juste, son fonctionnement réglé par l’égalité institutionnalisée.