
1 - FFR : TOURNAGES D'ETE 2025
La FFR (Fédération Française de Rugby) organise chaque année des tournages d'été sur tous les continents. La réalisation en Nouvelle-Zélande restera dans toutes les mémoires, quand le protagoniste, soupçonné d'être impliqué dans un bagarre en boite de nuit avec ses coéquipiers, probablement eux-aussi dans un état second, répliquera par une bravade, qu'une chute sur la table de nuit avait ouvert son arcade sourcilière. Une explication osée et magnifique qui ne convaincra que les esprits naïfs.
Les tournages de 2025 en Argentine et en Afrique du Sud, grâce à des scénarios élaborés, ont produits des films dont la diffusion de ces réalisations a fait l'unanimité sur le plan émotionnel et les spectateurs n'oublieront pas cette série de comédie dramatique déclinée en 3 épisodes.

* Episode 1 : LA CHAMBRE A SECOUSSES
Ce court-métrage tourné à l'hôtel " La sucetta " en Argentina a marqué les esprits des spectateurs. Les acteurs cloitrés dans leur hôtel se lassèrent des allers-retours soporifiques entre leurs chambres et le bar de l'hôtel, confrontés au rituel inclassable de l'euphorie générale évolutive et rythmée par la consommation de boissons qui portent à l'excès des comportements timides et introvertis. Ils décidèrent de se divertir en boite de nuit, où ils rencontrèrent une femme locale respectable, mère de famille, mais elle abandonna son enfant pour s'égayer dans cette discothèque. Nullement effarouchée par la stature imposante de ces acteurs, adeptes d'un sport de combat collectif, qui savent démontrer une férocité acharnée aux ignorants en passe de les provoquer, elle accepta l'invitation pour se rendre dans leur chambre d'hôtel.
La pudeur empêche de raconter les faits et gestes distillés dans ses corps à corps, soit dans la douceur, soit dans la rudesse. Nous en tiendrons à une version orale composée de bribes échangés entre les protagonistes et de dialogues vifs et incisifs :
- Cyrano : - Tu restes là !
- Conchitta : - Porque ! Yé veut retourner à la casba. Yé un client qui m'attend.
- Paff ! (une claque).
- Conchitta : - Oh Là là ! Tou hé un étalonne, toi !
Démodant la réplique ancestrale : " T'as de beaux yeux ", traduit à l'époque numérique : " T'as de belles fesses ", par l'amouraché boutonneux scotché à son smartphone, et pressé d'envoyer cette déclaration passionnée à l'internaute éloignée de milliers de kilomètres, dévoilant son corps dénudé devant une caméra contemplative et inerte, entrain d'avaler un hamburger à double étages enrobés dans des couches de mayonnaise, les deux amoureux virtuels reliés par le réseau sexuel : " Fesselook ".
- Cyrano : - Gégé, vient manger un morceau.
La suite déroulée dans des scénarios juridiques soporifiques ont lassé les spectateurs.

* Episode 2 : LA MORT D'ABDEL
On n'oubliera pas ce monologue audacieux récité dans " La mort d'Abdel ", l'acteur principal casqué montrait l'intention délictueuse de frapper la tête de l'innocent Abdel. Il bafouillera des propos choquants, qu'il regrettera hâtivement mais trop tardifs pour bénéficier de l'absolution. Cette bravade a engendré la convocation du protagoniste par la commission "Répression de la fédération" qui s'est empressée de prendre les mesures qui s'imposaient. L'urgence commandait d'agir afin d'afficher une bonne mesure à un public fervent de faits divers.

* Episode 3 : AUTANT EN EMPORTE LE COURANT
Ce court-métrage tourné à Dead Beach en Afrique du sud (du très, très mauvais humour; le bon humour existe-t-il, peut-on rire de tout ? non), a suscité l'accablement du public emporté par une vague de tristesse.
La décision de programmer un bain de récupération pour des athlètes de haut niveau est cohérente quand elle s'inscrit dans le désir de performance. Choisir un endroit de baignade réputé pour ses vagues et son courant dangereux, alors l'activité sportive est ici littéralement, " un coup de pistolet au milieu d'un concert ", c'est à dire une sorte de scorie hétérogène. Des joueurs de rugby brièvement métamorphosés en nageurs de l'exception pour le pire. Où, l'on voit que l'entreprise de réalisme de la préparation physique et actuelle du rugby qui innerve discrètement la majeure partie du championnat (des compétitions, matchs), échoue parfois.
Medhi emporté par une vague destructrice produit l'incarnation de l'absurde. Des figurants terrorisés par les images d'une puissance et d'une férocité inimaginables se réfugiaient dans une passivité troublante. Un acteur courageux jaillissait et se jetait à corps perdu dans les ténèbres de l'oubli afin de sauver son ami, mais la mer sans pitié voulait garder son petit et fera payer chèrement à ce héros malheureux d'un jour qui échouera dans sa tentative désespérée. Il devra batailler durant trente minutes contre des éléments déchainés pour rejoindre le rivage dans un état épuisé.
Des scènes où naissaient des écumes de tristesse qui venaient lécher des yeux larmoyants plissés par la pesanteur de sensations de tristesse. Cet épisode et son scénario chargés de mélancolie, ne pourra se répandre dans les salles de cinéma, par l'impossibilité de trouver un public paré d'une insensibilité qui lui permettrait de supporter ces images défilées devant leurs yeux, sans sombrer dans l'anéantissement moral. Ce film a poussé le curseur sur l'échelle de l'intensité émotionnelle jusqu'à la limite que peut accepter un être humain normalement constitué , restera une expérience cinématographique à ne pas renouveler.
Nous n'oublierons jamais Medhi et le sujet difficile auréolé d'un voile de tristesse est traité avec légèreté pour éviter de tomber dans le gouffre du désarroi et de la mélancolie. La finesse intellectuelle est utile pour décrypter tous les mécanismes mis en fonctionnement pour échapper à ses responsabilités, et couvrir son existence de parapluies technocratiques et normatifs, destinés à fantasmer l'illusion de la pureté, et se couvrir du voile de la confiance perdue.
* CONCLUSION
Les personnes critiques sur le déroulement et l'utilité de ces tournées d'été ont tort, car c'est un divertissement ponctuel qui offre un panel d'émotions regrettables et pénibles quelques fois, d'aventures loufoques, d'écarts de langage insolents.
Les acteurs ont montré des signes de faiblesse, les saisons de spectacles sont longues et harassantes, l'interdiction de prise de substances réconfortantes ne peut atténuer la fatigue, les corps connaissent leurs limites, et malgré ce surmenage moral et sportif, ils animent un spectacle chaque week-end produisant des efforts considérables dont ils subissent les effets négatifs en fin de carrière.
Le cyclisme a connu son heure de gloire, déroulait des scénarios d'exploits sportifs qui ravissaient les téléspectateurs ébahis devant leurs télés, quand les coureurs de l'impossible se mettaient en danseuses pour atteindre des cols à 20% de pente et laissaient sur place les motos suiveuses du tour de France. Parmi ces champions, quelques uns n'ont pas franchi la barre des cinquante ans.
L'objectif de l'article est de conserver le souvenir de Mehdi tout en gardant à l'esprit que toute décision repose sur une réflexion qui doit embrasser une vision globale de la situation et ne doit pas ignorer les angles morts, et se refuser à se morfondre dans un désespoir perpétuel.
Les tournages prouvent l'utilité que les émotions, le divertissement amical, et aussi les peurs, les regrets qui eux soulignent l'inutilité de ces tournages d'été, joués par des acteurs fatigués de saisons de spectacles harassantes chaque week-end et obligés de se "former" le museau pour essayer d'être à la hauteur de la performance qu'exigent leurs commanditaires et de l'intensité émotionnelle que réclament les supporters.

2 - LA CHARTE DE LA PRIVATION
Il semblerait que l'autorité décide de "charter" dans les brancards. On va transmuter des polissons vers des bons petits gars, qui aident les grands-mères à traverser la rue, boivent du jus de fruit, et produit un filtre interprétatif sur les valeurs morales portées par l'instance dirigeante. Une fédération qui se technocratise, se contractualise, élabore des chartes pour l'enfer. La relation sera contractualisée et abandonnera le lien de confiance, tissera son voile contraignant en stipulant la prime comportementale dont le montant est basé sur le nombre d'étoiles acquises :
Montant de la prime en fonction du nombre d'étoiles obtenues
| Etoiles | Prime |
|---|---|
| ***** | 100% |
| **** | 80% |
| *** | 60% |
| ** | 40% |
| * | 20% |
Mode de gain et perte des étoiles : Consommation boissons
| Actes | Gain | Perte |
|---|---|---|
| 1 jus de fruit | ***** | |
| 1 bière sans alcool | **** | |
| 1 bière avec alcool | * | |
| 1 whisky | ** | |
| 1 cognac | *** |
Mode de gain et perte des étoiles : Attitude
| Actes | Gain | Perte |
|---|---|---|
| Tirer la chiasse après avoir utilisé les toilettes | * | |
| Aider une personne âgée à traverser la rue (s'assurer qu'aucune voiture ne roule sur la chaussée) | * | |
| Dire du bien de la fédération | ** | |
| Eteindre les lumières après 22h | * | |
| Silence après 22h | * | |
| Uriner contre un arbre en levant une jambe | * | |
| Se masturber | * | |
| Séquestrer une soubrette dans sa chambre d'hôtel | ** | |
| Séquestrer deux soubrettes dans sa chambre d'hôtel | *** |
La fête fédère les joueurs et crée des espaces de défoulements, où on se découvre, on s'estime, on se rapproche, on se congratule, on se désinhibe, on se déshabille, c'est l'extase qui précède les récits des victoires. Sinon, on plonge dans la frustration, on rumine, on pavoise sur des mélanges d'ananas et de jus d'orange sans risque d'effusions joyeuses, mais incapables d'égayer les sportifs et précèdent les récits de défaites.
Décrire la logique de l'institutionnalisation de la mise en place d'une charte, à contrario, démontrer son inutilité et ses conséquences funestes.

Une petite anecdote pertinente racontée par Chuck Berry, chanteur émérite et fondateur du rock-and-roll. Il jouait dans un pavillon parisien, à la fin du spectacle, une dame se rapprocha et lui dit :
- Cà se voit sur votre visage que vous consommez de la drogue.
Chuck répondit habilement et finement :
- Vous, madame, çà se voit que vous n'en consommez pas.
Cette jeunesse pleine de vie, d'insouciance, de générosité, de vitalité, d'écarts de conduite, de virilité et d'abnégation, cet état d'esprit qui anéantit les adversaires :
. plusieurs fois récipiendaires du titre glorieux de champion du monde des moins de 20 ans,
. l'intention ne se laisse pas guider par une attitude d'opposition systématique et naïve à toute forme de normalisation qui pourrait recadrer des conduites égarées et atypiques,
. mais de se poser la question simple et crédule,
. si ces joueurs étaient des garçons assagis et trop bien élevés : auraient-t-ils gagné autant de trophées et de récompenses suprêmes.
(idée à contre-courant, à contrario : marque de fabrique du Retraité Libre)
A vouloir délimiter les cadres de vie en les compressant dans un écheveau réducteur, on risque d'éteindre la flamme qui anime l'espoir de la conquête et excite le plaisir de vivre.
3 - LA FINALITE OBJECTIVE
Le récit ci-dessus, ce pamphlet ironique décrit une subjectivité qu'un ignorant prononcerait en sous-estimant que le rugby comme tout autre sport professionnel est régi par l'économie sportive. Et, le rugby connait une évolution foudroyante en termes de finances, audimat, spectateurs, demeure actuellement la première économie sportive mondiale, en surclassant les pays anglo-saxons réputés pour être les champions du business.
La FFR a du personnel à charge, gère l'ensemble des activités sportives, les clubs amateurs, les formations des jeunes joueurs, les organisations qui contribuent au fonctionnement du système sportif, et elle a un besoin de ressources financières. Les tournées d'été, d'automne, etc... apportent cette manne financière, et les résultats sportifs déçoivent car les joueurs de premier plan, fatigués par la répétition des compétitions de haut niveau sont remplacés par des joueurs moins performants, mais ces échecs n'engagent pas de regrets car le plus important comme disait le président : " sur le plan financier, c'est une réussite ". Ce schéma conceptuel stigmatise la rivalité entre sport et économie dans laquelle les joueurs sont impliqués, obligés d'être muets comme des carpes, sinon d'être accusés de " cracher dans la soupe ". Ce n'est qu'à la fin de leurs carrières quand le corps usé, fatigué et abimé, crie ses douleurs, que les jeunes retraités essaient de sensibiliser la foule aux conséquences tardives des commotions et autres symptômes.
L'année 2026 consacre la supériorité du rugby français sur le continent européen :
- équipe nationale : victorieuse du tournoi des six nations,
- Union Bordeaux Bègles : vainqueur de la Champions Cup (pour la 2ième année consécutive),
- Montpellier Hérault Club : vainqueur du Challenge Cup (pour la 3ième fois).
L'arrivée massive de mécènes, chefs d'entreprises auréolés de réussites importantes ont boosté le Top 14, dynamisés des structures ancestrales, et n'ont eu de cesse de confirmer des évolutions en terme de niveau de jeu, rentabilités financières, augmentation des spectateurs, spectacles attrayants avec des groupes de musique à la fin des matches ont élargi la sphère des spectateurs qui viennent non seulement pour assister à un match de rugby mais aussi pour faire la fête. Le mérite de cette réussite en revient aux institutions FFR, LNR et les dirigeants de club, de placer le championnat sur la plus haute marche de la hiérarchie mondiale.
La dualité est une valeur universelle, à laquelle le rugby n'échappe pas, car après avoir vanté l'attrait indéniable du championnat local, celui-ci par la qualité des joueurs et le niveau de performance démontrés chaque week-end, génère fatigue morale et physique par la pression exercée par les présidents de club, le staff, les supporters, la famille, la participation à de nombreuses compétitions internationales (tournoi des 6 nations, coupe d'Europe, tournées d'été, d'automne, et peut-être prochainement d'hiver et de printemps). Les internationaux exposés à ces excès de dépenses physiques n'ont trop souvent pour destin l'infirmerie afin de recevoir les soins pour des corps abimés qu'ils ont poussé aux limites.
Le résultat est probant, car la France a organisé 2 fois la coupe et n'a jamais remporté le trophée tant convoité, seul pays parmi les grandes nations du rugby. Elle participe à ces compétitions prestigieuses avec une équipe amoindrie, soit par l'absence de joueurs blessés ou fatigués par un championnat épuisant, et s'oppose à des adversaires au sommet de leurs formes. Bien que ce dernier constat surprend, inquiète et interroge quand arrive l'instant de déplorer des disparitions précoces d'êtres au corps que la nature a si bien sculpté mais atteint par des maladies qui entrainent une dégénérescence progressive.

Une solution empirique serait que le Top 14 devienne le Top 12 afin de réduire le nombre de matchs, dont la corrélation immédiate serait de diminuer le nombre de blessures. Cette hypothèse rationnelle rentre en collision avec l'économie sportive (sport - argent), car une réduction de rencontres affecte les recettes dans une proportion conséquente.