Jack Kerouac

A la moitié du parcours de la lecture du livre "Sur la route", il m'est venu l'empressement d'en savoir davantage sur l'auteur ; la lecture de ces épopées suspectait que la réalité baigne dans une mixture ou la fiction apporte sa substance dopante. Outre ses proches compères que sont Allen Gimsberg et Burroughs, ce trio est considéré comme le père fondateur du mouvement " Beat Generation ", voie ouverte à l'engouffrement spirituel par les troupes hippies, trop heureuses de découvrir l'exubérance de la consommation de drogues et de sexes, abolissait les barrières de toutes les libertés individuelles et collectives.

En consultant divers documents afin de percer le voile de la personnalité de Jack, sans se perdre dans d'innombrables détails superflus, cette recherche révèle, tel qu'il le dit lui-même, qu'il souffre de confusion mentale afin d'éluder le trouble et le manque de courage qui le persévèrent de manière latente. Sa première virée en stop vers l'Ouest, revenant épuisé et maigre, témoigne bien de ces caractéristiques polypathologique de déficiences internes et lui fit prendre conscience de ses propres limites. L'irruption de Neal Cassady dont l'enfance malheureuse causée entre autres par le décès de cette mère inconnue et par l'abandon de son père devenu un clochard alcoolique, façonnera un personnage atypique, assoiffé par la rage de vivre et de voyager afin de tenter d'éteindre les cendres de réminiscences attisées par un passé le persuadant à se considérer tel un damné de Dieu. L'inclusion de cette force dans la vie offrira le support physique dont Jack est dépourvu, ils se réuniront par un sort commun et admis à une destinée couverte par la tragédie. Cette route entreprise vers l'Ouest permise, permet d'apporter l'eau au moulin que représente la "Beat Génération", d'allier la pratique du sac à dos à la théorie du concept intellectuel de la déviance sous toutes ses formes, afficher dans les fins fond de la dégénérescence les masques de la pensée obscure, libérer et faire ressurgir les vieux démons.

La ville de New York avec ses gratte-ciels immenses touchant le firmament après avoir transpercé cette couche grise, ne contraint-elle pas à obscurcir les esprits et créer un vide intérieur angoissant, source d'envies et de désirs de s'échapper pour fuir cette hérésie quotidienne de fourmillement incessant. Contrairement à Jean-Jacques Rousseau, adepte de balades solitaires dans cette campagne qu'il affectionne tant, là avec Jack et ses compères instruits, aucune envolée vers des décors que la nature offre généreusement à ceux qui savent apprécier ses charmes et sa douceur. Et Jack n'est-il pas responsable de ses propres maux, tels que sait le décrire Jean-Jacques, emprisonné dans cet appartement réduit, en compagnie de sa mère, se réfugiant dans des lectures interminables, et créer un monde imaginaire, la virtualité prenant place pour y ajouter une frustration humaine, nourrissant un doute mental, supposant les questions d'un ordre métaphysique, renforçant des interrogations à converger vers un trouble de l'esprit d'une ampleur de forte intensité.

L'inspiration de la sensibilité philosophique exprimée par la " Beat Generation " exulte la délivrance de l'adhésion à une culture traditionnelle conservatrice, formulée dans un cadre conformiste qui ne dérange pas la tranquillité d'un état orienté dans sa gouvernance à structurer l'esprit de son peuple, condamné à prouver au quotidien qu'il est un bon américain. Cette éclaircie spirituelle et sociale favorise l'éclosion d'auteurs hésitants devant la crainte de ne pas satisfaire les conventions littéraires établies et de froisser les conseillers éditoriaux des maisons spécialisées dans l'édition classique. L'émergence de la révolution numérique étoffant sa toile d'araignée communément désignée sous l'acronyme " WEB " (World Echange Byte), offrait des mécanismes tels que l'auto-édition et la création de sites internet. L'approche de cette culture libre évitait les écueils de sombrer à travers une tentation chimérique et s'approcher de l'érudit culturel universel ; cet affranchissement intellectuel libère une pensée se rapprochant de la réalité et s'éloignait de la fiction. C'est dans cette perspective que le roman "Le chemin vers la liberté" a été écrit et s'il ne respecte pas exactement les codes imposés par des maisons d'édition classique, dont l'objectif fixé est de se coller à la ligne éditoriale revendiquée, qui est le respect aux principes définis despotiquement par l'émergence d'une pensée symbolique étant le reflet de ne pas contrevenir à la tradition et aux normes du politiquement correct.