La carence établie dans la connaissance des règles grammaticales de la langue française représentait un frein à l’ambition d’écrire un livre. La lecture réduite de livres du 18e siècle, particulièrement ceux de l’écrivain Jean-Jacques Rousseau, composait un léger matelas littéraire, qui devait s’épaissir indubitablement, en consacrant chaque jour au moins une heure à la lecture. Quand sonna l’heure de la fin de l’écriture, le livre se retrouva entre les mains d’un éditeur d’une librairie associative, celui-ci porta une attention à 2 paragraphes, et il émit à plusieurs reprises le son des onomatopées suivantes : « point… point… point… ». Cette remarque sonore caractérisait un style écrit, emprunté à la littérature du 18e siècle, par la récurrence abusive de phrases trop longues. Ces phrases de longueur excessive illustraient un style coutumier à cette époque des Lumières, mais rejeté par la littérature moderne qui impose une structure plus concise et compacte. La consultation d’œuvres littéraires publiées exclusivement à cette époque ancienne justifiait cette dérive compréhensible. La lecture d’un livre de grammaire, publié par l’édition Robert Nathan, me familiarisa avec la notion de construction et de structure, explicitant par exemple les particularités des propositions principales et subordonnées, et d’autres aspects. Cet apprentissage de la langue nationale formalisait un niveau relativement faible, qui ne représentait pas un obstacle décisif en abandonnant la poursuite du projet, mais qui m’astreignait à progresser. Un peu plus tard, un autre livre décrivait l’utilisation de la ponctuation, viendra compléter cette initiation aux subtilités linguistiques. Sa consultation se rendra intéressante en découvrant par exemple la possibilité d’insérer des césures dans les phrases, marquées par des tirets, afin d’apporter une souplesse et une facilité dans la rédaction. J’entrepris une relecture attentionnée et pénible après avoir suivi les recommandations du libraire, qui conseillait d’utiliser un style plus concis, et en tenant compte des explications sur les règles de grammaire que j’avais retenues. La correction et la restructuration du roman, la réduction de la longueur des phrases, la réorganisation, la reconstruction, et l’agencement des propositions principales et subordonnées nécessitèrent beaucoup d’efforts. La version initiale ressemblait davantage à un torchon romanesque, et emporté par l’envie insolente de connaître la joie et l’excitation de la publication, j’avais eu l’affront d’envoyer le manuscrit médiocre à une grande maison d’édition. L’érudit littéraire affecté aux traitements de lecture de ces faux écrivains, et énervé par les efforts à produire pour déchiffrer ce charabia grotesque, a envoyé probablement le brouillon écrit vers la poubelle d’un geste vif emporté par l’impétuosité irrésistible, afin de s’en débarrasser au plus vite. Beaucoup d’efforts pour raccourcir les phrases, supprimer les contresens et les inventions de mots inexistants, améliorer la construction, simplifier la structure, et le résultat offraient une lecture plus limpide. La réalité éclairait mes limites en matière de relecture, par mes études linguistiques réduites. Le besoin s’imposait d’obtenir une correction au sens professionnel, afin de posséder un livre éditable et libéré de ses scories et de ses erreurs qui pouvaient froisser le lecteur. Phase difficile et délicate, quand on a peu de relations, que l’on est profane dans le fonctionnement du monde de l’édition. L’effet du virus « Covid », toujours présent, modifiait l’état mental du peuple et développait l’individualisme. Le repli individualiste s’effectuait dans le sens d’un renfermement et se rapprochait de la volonté d’extérioriser son désir de solitude. Cette attitude distante prônait l’éloignement avec une société devenue désespérante, particulièrement par les mesures prises d’isolement forcé. Ce constat ne facilite pas les rencontres impromptues.
Enfin, je trouvais des pistes, dont celle de l’éditeur de la librairie associative, qui avait été le premier lecteur partiel. Les quelques bribes écrites dont il avait pris connaissance ne l’indisposaient nullement, au point qu’il me proposait ses services pour éditer le livre. On restait dans un contexte très local, mais humain et sympathique. Une autre solution par le biais d’un avocat, écrivain, procurait l’avantage de recevoir un avis pertinent sur les risques juridiques de subir éventuellement des accusations de diffamations de personnes qui se sentiraient outragées, contrecarrant la liberté d’expression. Mais il avait peu de temps disponible. Une autre solution visait à trouver un professeur de français, qui accepterait de collaborer à ce type de tâche, sous réserve que son emploi du temps le lui permette. Enfin, la visite d’un salon littéraire, enrichi de la présence d’écrivains, ciblait la meilleure alternative.
Cette étape importante nécessitait de se focaliser sur deux points : la forme afin de rendre un produit lisible et éditable, et sur le fonds afin de séduire la critique littéraire qui décide et qui qualifie le livre de qualité ou de médiocrité qui éloigne tout lecteur averti. En regard de l’objectif du livre qui ne cherche pas à satisfaire un besoin alimentaire, ou un désir cupide, ce dernier point évoqué qui témoignerait d’un dénigrement de l’œuvre n’altérerait pas l’orgueil de l’ego, et serait accepté avec une compréhension relative à l’écoute studieuse.
