Le fils nanti quand il quitte son superbe palais
Pour enfourcher sa belle Harley
Il fend l’air pur de ses joues bien roses
Chairs fermentées par des litres de jus de carotte
Qui suscitent l’envie de les croquer comme des crottes
Que l’on avalerait tout en faisant de la prose
Le fils nanti quand il quitte son superbe palais
Pour déambuler avec son quatre-quatre tout terrain
Dans les terres que papa a rachetées à grands frais
Pour que fiston puisse polluer l’air sain
Le fils nanti quand il quitte son superbe palais
Pour chevaucher sa décapotable et ses centaines de chevaux
Afin de montrer sa mine insolente dans ce beau cadeau
Aux minettes qui rêvent de s’évader des marais
Le fils nanti quand il quitte son superbe palais
Pour grimper sur son étalon
Afin de gambader dans les prés
S’imaginant dans la peau de ses ancêtres au gros bidon
Ceux qui savaient jouer du clairon
Ceux qui savaient débusquer le moindre gueux
Caché dans les bas-fonds d’un vallon
Pour le faire revenir dans les chemins boueux
Ceux qui savaient jouer les fanfarons
Pour faire avancer les miséreux à coups de bâtons
Le fils nanti quand il quitte son superbe palais
Pénétrant dans son carrosse, dernier modèle de Ferrari
Pour rejoindre les fils de nantis
Au bal masqué, où l’on dissimule son teint laid
Il s’agglutine avec les potes d’Assas
Ceux avec qui l’on chasse et tabasse
Le moindre clandestin
Qui ne possède même pas de papier à offrir comme butin
