Ils vénéraient la société
Mais pas n’importe laquelle
C’est celle des rentiers
Qu’ils trouvaient belle
Ils adoraient l’entreprise
Mais pas n’importe laquelle
C’est celle qui savait gérer la crise
Qu’ils trouvaient belle
Ils adoraient la monnaie
Mais pas n’importe laquelle
C’est celle gagnée sans fiche de paie
Qu’ils trouvaient belle
Ils adoraient la chair
Mais pas n’importe laquelle
C’est celle qui coûtait cher
Qu’ils trouvaient belle
Les bourses qui craquent pour le désir
Les corps prêts à jouir
Ils s’enfonçaient dans le bois de boubou
Et débusquant les femmes à faire pâlir
Ils fouillaient la galerie à plaisir
S’abreuvant tels de véritables gloutons
Quand la rosée évaporée voit se profiler
Ces chérubins volés comme une nuée
Et envahir le temple des virtuels butins
Prenant part au jeu des malins
Ils s’inventent des balbutiements de gestes
Pour arrêter l’air du temps
Ou pour activer le vent
Qui fera s’envoler les recettes
